Délit d'opinion

Débats Gay et Lesbien
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Kefka
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Délit d'opinion

Message par Kefka »

Je sors de 2 heures de cdm de philo politique et ce que j'y ai entendu ma turlupine un peu. Je vais essayer de m'expliquer le plus clairement possible.

Si l'on regarde la société actuelle, on remarque que les comportements aggressifs envres des personnes en raison d'un particularité physique ou d'une orientation particulière sont (justement) réprimés par la loi. Or, en analysant bien les choses, on remarque aussi que ce sont les opinions qui sont visées. Ma question est alors toute simple : peut-on condamner quelqu'un parce qu'il a des opinions homophobes ( mais c'est le même cas pour le racisme et autre)? Ne risque-y-on pas justement d'imposer un point de vue particulier, une opinion d'Etat?

Personnellement, j'ai tendance à accepter la vision des choses qui donne une liberté totale d'opinion et d'expression. Ce que je rejette par contre ce sont les comportements violents qui vont parfois (souvent?) de paire. Je sais que ça peut paraître étrange comme idée mais je ne vois pas pourquoi j'imposerais ma manière de penser à tous les individus. Dans ce cas, je condamne l'opinion mais pas l'individu. Somme toute, on peut voire ça comme un questionnement de l'adage "c'est l'intention qui compte". Un individu homophobe (ou raciste) n'est pas forcément détestable. L'opinion en soi est, à mon avis, néfaste mais je ne vais pas imposer une manière d'envisager la chose. Tout au mieux pourrais-je essayer de la faire changer d'avis dans un débat organisé.

Voila ce que je pense de ce débat. Juste deux remarques : cette manière d'envisager la situation n'implique en aucun cas que je sois raciste, homophobe ou je ne sais quoi (ces opinions me débectent) ; ensuite j'accepte les critiques mais il faut qu'elles soient débarassées de tous préjugés politiques. Répondez en toute sincérité.

Merci d'avance ... :D
Dernière modification par Kefka le jeu. juin 04, 2009 9:10 am, modifié 1 fois.
tipoune
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Message par tipoune »

Le langage n'est juste que la forme concrête que prennent les opinions personnelles. Il est bien certain que l'agressivité verbale sous-tend une agressivité interne... Vouloir réprimer ces conceptions, c'est annihiler l'autre dans son raisonnement, dans son être; et imposer une méthode de pensée c'est construire un Etat arbitraire, totalitaire... Le culte de la pensée unique n'a jamais été des plus florissants!
En revanche, ce qui est à déplorer, au delà de la liberté d'expression et de pensée de chacun, c'est l'incapacité à entendre, pour certains, l'autre. Je reste persuadé que persiste encore aujourd'hui des stigmates de l'Etat de nature qui entraînent des actes de violences. Refuser d'intégrer autrui dans son humanité, dans son entendement, dans ses aspirations, c'est clairement le nier. Quelque part une loi du plus fort... La problématique est peut-être situé à ce niveau: l'Homme moderne ne renierait-il pas parfois la morale pour SA liberté, oubliant qu'il n'est pas seul, évinçant les obstacles, les conditions créant la société et la cohésion inter-humaine?
anonymeB

Message par anonymeB »

Ma réponse toute simple est: non, on ne peut pas condamner quelqu'un pour son opinion. Nous ne sommes pas une société de moutons non plus.

Après, souvent le comportement va avec...
meikwei
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Message par meikwei »

Je vais dans ton sens.
Chaque individu a le droit de penser ce qu'il veut sur ce qu'il veut. La limite à ceci, c'est la concrétisation de ces pensées: l'action. Peu importe ce que l'on pense, il y a une loi qui fait office de code commun de comportement en société, c'est elle qui dit ce que l'on peut faire et ce que l'on ne peut pas faire. partant de là, si le champ de pensée est illimité, le champ d'action lui est limité par la loi. Et heureusement d'ailleurs. Quand je parle de loi, je parle à la fois de la législation et des codes (usages et coutumes) culturels propres à chaque société. C'est dans ce cadre là que l'on peu évoluer. Donc deux individus d'opinions différentes, peuvent s'influencer, mais en aucun cas priver l'autre des ses droits d'agir et de penser. C'est respecter la liberté de tout à chacun, et ce quelque soit la qualité de ses opinions (notion subjective au plus haut point)
Kefka
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Message par Kefka »

tipoune a écrit :Le langage n'est juste que la forme concrête que prennent les opinions personnelles. Il est bien certain que l'agressivité verbale sous-tend une agressivité interne... Vouloir réprimer ces conceptions, c'est annihiler l'autre dans son raisonnement, dans son être
Je ne faisait pas forcément référence à une agressivité verbale mais de manière générale à des opinions. Peut-on tout tolérer dans ce domaine ?
Rien qu'en histoire, les politiques tendent à nous imposer une vision et une seule : je fais référence aux lois sur le négationisme, sur la reconnaissance d'un "génocide" arménien, sur le rôle de la France dans les colonies, ...
Il est certain que certaines idées peuvent être néfastes à la République. Mais est-ce qu'il est justifié d'empêcher leur expression? Par exemple, seriez-vous favorable à une manifestation de néo*n*a*zis ou d'homophobes (en supposant que cette manifestation reste dans le cadre de la légalité et qu'il n'y ait aucuns débordements) ? Personnellement, je dirais oui. La liberté d'expression m'est très cher. A mon avis, c'est le fondement de la démocratie. Mais cela reste quand même gênant sur le fond : où est le respect des personnes ? :gn:
Bref, je suis dépassé par l'implication de mes opinions et vos avis sont la bienvenue!
Dernière modification par Kefka le jeu. juin 04, 2009 9:11 am, modifié 1 fois.
tipoune
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Message par tipoune »

Il ne faut pas oublier que l'Hisstoire est l'un des vecteurs de la cohésion d'un peuple. Ensuite, quand l'Etat détermine des dogmes, c'est également pour donner un ordre de marche à une nation, participer à la construction de la morale... Machiavel disait que seul l'Etat avait le pouvoir coercitif...
L'Homme doit oublier son Etat de nature, reconnaître les libertés d'autrui en abandonnant parfois un peu de la sienne et reconnaître l'autorité de l'Etat. La liberté est donc restreinte mais après tout, ne vaut-il pas mieux perdre un peu de sa liberté qu'être annihiler complétement?
Kefka
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Message par Kefka »

tipoune a écrit :Il ne faut pas oublier que l'Hisstoire est l'un des vecteurs de la cohésion d'un peuple. Ensuite, quand l'Etat détermine des dogmes, c'est également pour donner un ordre de marche à une nation, participer à la construction de la morale...
Ou se donner bonne conscience ... Le mot de 'dogme' est peut-être mal choisi car ça véhicule l'idée qu'il n'y a pas de remise en question possibe (à moins que ce soit exactement ce que tu sous-entendais ... :?: )
L'Homme doit oublier son Etat de nature, reconnaître les libertés d'autrui en abandonnant parfois un peu de la sienne et reconnaître l'autorité de l'Etat. La liberté est donc restreinte mais après tout, ne vaut-il pas mieux perdre un peu de sa liberté qu'être annihiler complétement
Influencé par Hobbes ? :wink: Ton idée est intéressante mais j'émet une réserve : de quelle(s) liberté(s) parles-tu ? Car je refuse de devoir m'aligner sur une pensée qui m'aura été dictée par un corps étranger. L'Etat, même si théoriquement il émane de la volonté publique, a-t-il le droit d'imposer quoi que ce soit qur le plan personnel ? Même question pour un individu.
tipoune
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Message par tipoune »

J'emploie le mot dogme, car si je suis d'accord sur le fait que rien ne soit immuable, il faut bien trouver des consensus... afin de rallier la multitude.

Ensuite, quand je parle de liberté, ej parle de la liberté au sens large... Après tout les libertés, qu'elle soit d'expression, d'opinion, de rassemblement, de parler quand on en a le droit, etc, ne sont valables que lorsque la Liberté est préservée. Je pense qu'il n'y a jamais été question de renier ses liberté, sa liberté, en revanche, elles s'inscrivent dans un cadre, celui que j'appelle la morale de l'Etat, de la Nation... C'est peut-être à cause de ça que naissent les marginaux, les oubliés de la société. Mais l'individu peut-il grandir, s'épanouir dans une société exempte d'autorité?
Nathan
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Message par Nathan »

tipoune a écrit :Mais l'individu peut-il grandir, s'épanouir dans une société exempte d'autorité?
Je parlerai plutôt de règles communes et communément admises, plutôt que d'autorité.
Ce mot me paraît trop connoté.

Pour répondre à ta question, je pense que non en effet, l'individu ne peut pas s'épanouir dans une société exempte de règles.

Prenons l'exemple très parlant de l'économie.
Les théoriciens libéraux nous ont seriné que l'individu, le marché (la fameuse main invisible) pouvaient s'auto-réguler, et apporteraient un consensus idéal qui ferait le bonheur de l'Humanité.

On se rend bien compte que c'est complètement faux, et en ce sens le libéralisme, bien que ses promoteurs s'en défendent, est bel et bien une doctrine politique.

Sans règles, c'est la loi du plus fort. En un mot, l'anarchie (pas celle théorisée par Proudhon et consorts, qui était également une utopie, mais le bordel généralisé au service d'une minorité de puissants).
Vaste débat.
Kefka
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Message par Kefka »

tipoune a écrit : Mais l'individu peut-il grandir, s'épanouir dans une société exempte d'autorité?
La question est intéressante mais on est en train de déplacer le sens du sujet du débat. Restons donc sur la question de la liberté d'opinion et du droit à les exprimer au grand jour.
Ca me fait marrer, j'imagine la scène : "Papa, Maman, je suis raciste/homophobe/..." (private joke, je sors :arrow: )
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