Bonsoir,
Fade Out a écrit :Voilà un débat plus intéressant, pour ou contre le mariage, mais alors pour tout le monde, hétéros ou homos.
(…)
Ne penses-tu pas qu'il y a besoin d'une "union symbolique" (même si on ne l'appelle pas mariage) ?
J'ai un peu de mal à imaginer une société sans cela, soit la notion de couple n'existerait plus, soit les deux membres d'un couple auraient une vie assez séparée, pourraient avoir des aventures avec d'autres personnes ou arrêter le couple unilatéralement ?
Comment vois-tu cela ?
Merci à vous de me suivre sur ce débat !
Pour vous répondre…
Je suis bien sûr sensible aux symboles qui peuvent entourer une union et la "consacrer" socialement me paraît une revendication tout à fait légitime. Pour autant, je ne vois pas quel lien automatique vous proposez entre "officialiser ou non l'union" et "fidélité"… En fait si, je le vois très bien, car l'une des choses essentielles que je "reproche" au mariage, c'est justement de permettre à l'Etat de se mêler de ce qu'il se passe dans nos lits.
Un peu d'histoire…
Si l'engagement de fidélité à été inscrit dans le mariage républicain, ce n'est pas du tout parce que la République considérait qu'il était une condition de l'amour (l'amour est une condition très récente du mariage). En obligeant les époux à la fidélité, c'est de filiation qu'il était question (je dis était car le régime de la filiation a depuis changé). Autrefois, faute de test ADN, on considérait en effet que tout enfant né dans le mariage avait pour père le mari. C'était au temps où l'on faisait un distinguo important entre les enfants dits "légitimes" (né dans le mariage) et les "naturels" (nés hors mariage).
En droit, cette condition de fidélité avait donc un sens : elle fixait la filliation, donc tout le régime patrimonial (succession).
Aujourd'hui, garder la fidélité dans les conditions du mariage n'a donc plus qu'un sens symbolique, sens qui vise effectivement à établir un lien entre amour+mariage+fidélité. Le mariage tel qu'il est revient ainsi à donner droit à l'Etat de nous dicter nos manières d'aimer. Quand je dis "Etat", je suis resctrictive car si l'on y regarde bien, cette trilogie est le ciment de l'idée que l'on a du "vrai amour" : si je t'aime, alors je suis fidèle et je t'épouse.
Je n'ai pas envie de contester cette équation ; je la pratique. Mais je veux qu'elle soit contestable, en ce sens que je ne la crois juste (et viable) que si elle est un choix, et non le produit d'une "obligation sociale et culturelle" née d'une simple question de droit.
Ce à quoi j'aspire, c'est donc que l'Etat reconnaisse toutes les unions soit la possibilité pour les couples de se faire reconnaître comme tel mais sans que la loi ne se mêle de leur manière de vivre l'amour.
Par extension, je suis assez opposée à tous les avantages accordés aux couples : pourquoi un couple paierait moins d'impôt que deux célibataires ? J'en connais les raisons d'ordre social : la stabilité est bonne pour l'ordre et donner du pouvoir d'achat au couple (historiquement enclin à procréer), c'est l'aider dans son aspiration à la patrimonialisation, donc la stabilité ; une fois encore, elles ne me conviennent pas.
(Les avantages accordés aux parents sont une autre quesiton, puisque l'on peut être parent et célibataire).
J'espère avoir éclairé mon premier message.
Bonne soirée
Cy