Sarablue a écrit :Je suis carnivore et je côtoie des végétariens. Ca ne me pose aucun souci. Et à eux non plus. Chacun mange ce qu'il aime et quand j'ai du monde végatarien/talien à la maison, j'essaie de m'adapter le mieux possible.
Qu'est-ce que ça peut bien faire aux gens ce qui passe par notre tube digestif? Sérieux ça me sidère
C'est à rapprocher de l'homosexualité en fait si on y réfléchit bien.
Un truc qui touche à l'intime, qui ne concerne que les protagonistes et qui n'ôte rien à personne.
Mais encore une fois, on a des gens qui décident ce qui est correct ou non et ce qui veulent imposer leur norme.
Bon, cela dit, avec la plupart des gens que je côtoie ça se passe comme tu décris hein. ^^
Pour le rapprochement avec l'homosexualité, oui, c'est comme ça que je le ressens aussi. J'ai cette petite angoisse parfois au moment où la personne va comprendre que je suis végé (est-ce qu'elle s'en fout ou est-ce qu'elle fait partie de ceux qui vont me prendre la tête avec des "Mais c'est de la discrimination, tu tues des plantes ! Qu'est-ce qui te dit que les radis hurlent pas intérieurement quand tu les découpes ?"
Non mais pourquoi pas mais juste, devoir me justifier au moment où je pensais juste prendre la pause repas tranquillou, ça peut être lourd, surtout si l'autre a en tête de me prouver que j'ai tort ça peut durer longtemps le débat...), et lorsque je suis blessée par une remarque, je ressens le même genre de colère/tristesse/mal-être que quand c'est pour l'homosexualité (par exemple la remarque de la formatrice... qui insistait avec "ces gens-lààààà" limite à envoyer à l'asile, les larmes me montaient aux yeux, j'avais les mains qui tremblaient et la voix qui sortait à peine quand j'ai fini par dire "ben, perso je suis végé depuis plus de 15 ans et je vais bien" (le message subliminal étant "pitié arrête de m'en ficher plein la tronche là" O_O ). Et quand je suis sortie je tremblais encore et j'y ai repensé toute la journée, ça m'a vraiment fait mal. Chez moi j'en ai pleuré, bref fallait être là peut-être pour imaginer la lourdeur du truc, mais ça m'a rappelé à quel point certaines personnes nous mettaient dans des cases avec un tissu de préjugés sur qui on était sans même nous connaître, des intégristes sectaires illuminés, inconscients, débiles, suicidaires et à côté de leurs pompes). En tout cas, pour ma part, j'ai vraiment pu ressentir le même genre de blessure avec des remarques anti-végés qu'avec des remarques anti-homo. Je parle de ressenti hein, je dis pas que les actes sont au même niveau, l'homophobie tue clairement davantage, on repère plus facilement un homo qui tient la main de son/sa copine qu'un végé avec son panier de légumes, etc.
Après, une grande différence avec l'homosexualité c'est la notion de choix. Et je suis d'accord, c'est différent, mais peut-être pas autant que certains peuvent le penser. Parce que c'est pas la même variabilité de choix
(pour moi et a priori pas mal de végés mais pas forcément tous, je précise) que quand tu as l'option "moi je préfère prendre le métro, toi tu préfères prendre le bus, bon OK aujourd'hui pour te faire plaisir on prend le bus". Ca clairement je peux le faire sans souci.

Mais si tu remplaces métro par spaghetti à la tomate et bus par cheeseburger, ben là je peux pas.

Et quelque part il est très problématique cet argument "c'est un choix" car : que veux-tu répondre à ça ? Oui c'est vrai personne me force à être végé. C'est même pas religieux. Et en même temps, derrière cet argument, il y a l'idée qu'on peut te faire toutes les remarques désagréables qu'on veut parce que te marginaliser, tu l'as choisi, donc les remarques t'as rien à dire parce qu'après tout si t'es pas contente bah c'est pas compliqué t'as qu'à faire comme tout le monde.
Ca me fait penser à un truc que j'ai vu passer sur Faceb**k, une pétition pour demander à McD* de réinclure un sandwich végé dans les pays où il l'a viré. Ben y'a des gens qui répliquaient que si les végés étaient pas contents, ils avaient qu'à aller ailleurs, parce que eux exigeaient pas un steak dans un resto végé. Sauf que tous les plats des restos végés conviennent aux non-végés, alors que le raisonnement inverse n'est pas vrai. Bon, je m'en fiche un peu perso, mais je vois pas non plus en quoi ça les dérange si McD* ajoute un sandwich végé. Genre, ça va pas les obliger à devenir végés.

Mais ouais c'est cool pour le végé qui suit son groupe de potes et qui peut manger que la salade et les frites. Pis c'est pas non plus réservé aux végés.
Cinlyss a écrit :La plupart des végétariens/liens le sont par éthiques, pour la cause animale. Sans excuser les comportements violents, extrémistes etc ils ont un but, une cause à défendre. ( tout comme on défend l'homosexualité etc ) De par ce fait, ils considères les omnivores comme étant dans l'erreur et les « agressent » par rapport à ce qu'ils mangent, des animaux morts, et se battent contre les entreprises agroalimentaires qui exploitent et maltraitent des animaux...Du fait de cette maltraitance et cette exploitation, tout le monde devrait boycotter et devenir végétariens. ( selon certains toujours )
Après, je pourrais parler du pourquoi c'est bien de devenir végétarien, mais ça c'est autre chose. Ça n'est néanmoins pas en frappant, humiliant, insultant que la cause évoluera.

Alors, je ne pense pas qu'il s'agisse de la plupart, je pense que ce sont surtout les plus visibles. C'est aussi ce que voient en premier, souvent, les "nouveaux végés". Perso j'ai connu le milieu "militant" au début
(je faisais même partie du comité d'organisation des premières Veggie Pride), quand j'étais toute seule végé dans mon milieu que je pourrais qualifier de végéphobe. J'ai pris mes distances par la suite car j'ai pas aimé l'évolution des choses. Par la suite j'en ai croisé plein par hasard, des "végés tout seuls dans leur coin", qui n'agressent personne et ne se considèrent pas porteurs d'une "cause" (je dis pas que c'est mieux ou moins bien, chacun son truc). Et ceux-là sont très très nombreux aussi, au final. Mais invisibles. Comme moi, qui me considère ma propre pub du "oui on peut être végé et en bonne santé". Je pars du principe que les gens qui me côtoient se rendent compte tout seuls du fait que je suis "normale"
(oui, bon...) tout en étant végé, que j'ai pas l'air à l'article de la mort, qu'on peut manger ensemble quasiment partout, et je me dis que rien qu'être moi, peut-être, ça peut contribuer à faire changer un peu certains préjugés, quand il y en a. (Je précise que je sais aussi prendre les remarques avec humour, quand c'est de l'humour, hein.

)
Voilà voilà.
