Cet argument revient à invoquer le principe de précaution. Ce principe n'est ni bien, ni mal en soi. Je voudrais juste faire remarquer que lorsqu'il est utilisé n'importe comment, il peut virer à de l'obscurantisme pur et simple. C'est d'ailleurs en ce sens que le rapport Attali suggerait de le retirer de la constitution Française, en invoquant le fait que si on l'appliquait artificiellement à des époques antérieures, on n'aurait sans doute jamais généralisé l'utilisation des anti-biotiques, de la pilule, ou d'autres technologies aujourd'hui bien utiles. Prétendre qu'il n'y a pas de juste milieu dans la précaution, c'est plutôt ça qui est d'une naïveté dangereuse : la précaution peut être antagoniste du progrès, trouver des voies de progrès durables sans tout obstruer à coup de principe de sûreté est tout sauf trivial. Prétendre que l'énergie nucléaire tombe intégralement sous le coup du principe de précaution, sans davantage d'arguments, pour toutes les régions du monde, etc. est une présentation un brin tirée par les cheveux.zphyr a écrit :et que croire qu'on maîtrisera pour toujours le processus de création d'énergie est une naïveté bien dangereuse.
Je n'aime pas tant cette propension soudaine des antiN de se la jouer "Grands Lucides" contre les technocrates super-naïfs, depuis les événements de Fukushima
On verra l'issue des événements de Fukushima. Pour l'heure dans les pays à forte maîtrise technologique, on en est à 100 % de décontamination après incident, même si on inclut Three Miles Island, dont le combustible fondu a finalement pu être évacué si je ne m'abuse. Et c'est plutôt encourageant.
Moralité aujourd'hui il est singulièrement trop tôt pour prédire l'issue de la catastrophe de Fukushima, qui peut encore aboutir dans 5 à 10 ans à une évacuation complète de la radioactivité du site, si les équipements tiennes suffisamment de temps face à la puissance résiduelle du corium, là. Quoi qu'en disent les antiN convaincus, c'est seulement à horizon 10 ans que les vraies leçons seront à tirer en terme de résistance des systèmes de protection face aux risques.
A noter aussi que c'est bien de critiquer le nucléaire, mais qu'il faut sans doute songer à proposer autre chose, pour fournir les quelques dizaines de GWatt qu'il représente. Les gisements de vent en France ne sont pas forcément suffisants pour permettre un remplacement intégral par un parc éolien. De plus les conséquences environnementales de l'éolien à très grande échelles sont encore mal connues (si je ne dis pas de bêtise, son impact sur certaines espèces d'oiseaux n'est pas totalement trivial).
Le solaire, en l'état actuel des technologies, a une ACV désastreuse : si vous achetez vos panneaux en chine (premier producteur mondial), ils ont coûté tellement cher en énergie à être produits, dans un pays au mix ultra-carboné, que la valeur [énergie produite au cours de la vie du panneau - énergie qu'il a coûté à construire]/[CO2 et autres polluants liés à sa conception] en font contrairement à l'image d'épinal qui leur sont associés une technologie carbonée et dégueulasse niveau effluents chimiques au silicium et consorts.