Déjà, la crise, c'était en 29, pas en 21.
brita a écrit :Depuis la fin des 30 glorieuses, la situation se dégrade constamment. j'ai l'impression qu'on met sur un évènement ponctuel la responsabilité d'une gestion qui pêche sur le long terme.
Je suis partiellement d'accord avec ça, mais ce qui a abouti à la crise, c'est une accélération du phénomène. A force de spéculer dans le vent, les cours de la Bourse ont atteint des valeurs totalement déconnectées de la réalité. La moindre perturbation (ouragan dans les zones pétrolières -Sud-est des Etats-Unis, donc Katrina et tous ses petits frères et soeurs-, sécheresses en Australie avec prix mondial du blé qui s'envole -ça s'est calmé-, guerres...) avait alors un effet démultiplié sur les cours mondiaux.
En plus de ça, on a la crise des subprimes, je sais pas trop en quoi ça consiste mais d'après ce que j'ai compris, aux Etats-Unis les banques prêtaient sans garantie de remboursement et à taux variables (très peu utilisé en France), notamment aux particuliers désirant accéder à la propriété. Quand les taux agmentent trop, les emprunteurs ne peuvent plus rembourser, donc leurs maisons sont saisies, donc le marché de l'immobilier s'écroule (offre accrue et demande en baisse), donc les maisons saisies utlérieurement n'ont plus aucune valeur et les banques ne récupèrent pas leur argent, donc c'est la merde, parce que pas d'argent = pas d'investissement dans l'économie. Et puis en plus, comme les Américains perdent leur maison, ils n'ont plus nulle part où mettre un éventuel écran plasma, donc la consommation des ménages fléchit elle aussi. Donc c'est vraiment la grosse grosse merde, parce que du coup la croissance est amputée.
En plus de ça, on a une crise pétrolière et énergétique, avec des pays de l'OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole) qui pourraient éventuellement faire baisser les prix en ouvrant les vannes, mais qui refusent de le faire (d'ailleurs là ce n'est plus la peine, ça baisse tout seul il me semble) et une consommation énergétique mondiale qui augmente grâce à l'essor de pays comme la Chine et l'Inde.
Tout ça à créé une grosse panique aux Etats-Unis. La confiance dans les banques de crédit s'est totalement envolée, donc leurs cours se sont effondrés. Ils ont entraîné dans leur chute les cours d'autres banques, tout étant interconnectés (entre banque de dépôt, banque d'investissement et tout...). Afin d'éviter une catastrophe, le gouvernement américain et la Banque Fédérale Américaine (équivalent de la Banque Centrale Européenne, le truc qui fixe les taux d'intérêt pour tout le monde et qui doit jongler entre deux rôles : contrôler le taux d'inflation et contrôler l'investissement, sachant qu'agir sur l'un a des conséquences négatives sur l'autre) ont nationalisé plus ou moins certaines banques, en ont laissé d'autres se faire racheter par des concurrents (au grand plaisir des banques asiatiques qui elles se portent bien), tout ça... C'est encore plus confus.
MAIS !
Les USA ne vivent pas tout seul dans leur coin. Ils ont des capitaux partout dans le monde, et le monde a des capitaux chez eux. Dans ce contexte de mondialisation, la crise s'étend. Fortis, banque belge, a ainsi été sauvé par le gouvernement d'outre-quiévrain (ça m'éclate de dire ça), Dexia par la France et la Belgique, une banque anglaise a aussi morflé, et j'en passe. Les gouvernements font des pieds et des mains pour limiter les dégâts, et en France, s'en est fini du respect des critères de Maastricht pour les prochaines années, à savoir maintenir ou ramener la dette sous les 60% du PIB et ramener le déficit annuel sous les 3% du PIB. Donc avec un peu de chance Bruxelles sera cool vu que la crise touche tout le monde, et sinon ben on aura des amendes. Mais bon comme on ne les paie pas, on s'en tape un peu.
Autre point important, la chute du dollar. Elle s'accentue, ce qui signifie que l'euro devient de plus en plus cher. Donc les produits européens également. Donc les exportations vont devenir de plus en plus difficiles. Donc la production va être réduite un peu partout. D'où des risques de chômage, de baisse de la consommation, de baisse de la croissance (prévue à 1% pour 2009) en un cycle infernal...
J'espère ne pas avoir raconté trop de conneries...
Je rappelle aussi qu'en 1933, un certain Adolf a été élu démocratiquement sur la base de discours promettant (entre autres) de résoudre la crise. Et que c'est en partie la Seconde Guerre Mondiale qui a permis d'en sortir (même si ça a aussi détruit complètement l'économie européenne au passage)...