Je vois que le dernier message de ce fil est toujours mon râlage sur mon taf, donc je vous donne des nouvelles, et je pense que ce seront les dernières sur ce sujet car désormais je veux commencer à ne plus y penser. J'espère juste qu'il n'y aura pas de rebondissements du côté de ex-taf car cette incertitude ça m'a fait espérer et ça m'a empêchée d'accepter les choses.
Donc l'amie collègue a parlé avec une des directrices (pas celle vue en avril, l'autre). Elle lui a dit la même chose qu'à moi. Collègue a un peu rétorqué en disant que c'était pas ça qu'on avait dit. On lui a dit "non mais on voulait qu'elle fasse une pause pour réfléchir, mais si sa décision est de continuer c'est en revenant avec ex-directeur" (alors que c'est la directrice (l'autre) elle-même qui m'a dit "c'est du harcèlement moral, vous ne devez plus avoir aucun contact, filtrez ses mails automatiquement s'il le faut"). Donc moi j'interprète comme ça : leur discours désormais c'est "si elle veut pas abandonner, alors elle retourne avec le harceleur".
Je ne comprends pas non plus dans ce cas l'intérêt des 7 mois de guerre froide, ça ne fait qu'envenimer les choses si je veux retourner avec exdirecteur. Si la question de reprendre avec lui avait été sur la table, je serais partie en lui écrivant que j'avais besoin d'une pause, je n'aurais pas fait silence radio du jour au lendemain, je ne lui aurais pas balancé ses bouquins sans un mot par directrice interposée. Et surtout je n'aurais pas fait 7 mois de pause (j'aurais continué en espérant avoir fini au plus tôt et en comptant sur la fin du contrat pour être plus libre de refuser les travaux que je n'étais pas censée fairee... ou alors j'aurais abandonné dès le début, mais pas après avoir fait les 3/4). Précisons que ces 7 mois ont été consacrés à des travaux pour élaborer un projet qui devait me permettre de garder mon statut et reprendre mes travaux l'an prochain dans le domaine qui m'intéressait au départ. C'est aussi en bonne partie pour ça que je pars en stage 3 mois, que j'ai cassé ma tirelire, que je ne passerai pas Noël avec Miniken', que je vais taffer comme une malade. Donc j'ai les boules. Heureusement ça ne sera jamais totalement inutile, ça étoffera mon CV, ça me permettra d'être mieux formée, mais quand même, ma motivation première c'était sauver mon diplôme et continuer mes travaux, j'arrive pas à faire mes valises car je ne comprends plus vraiment pourquoi je pars au juste.
Donc pour revenir à l'histoire, amie (collègue) a insisté : c'était pas ce qui était prévu. On lui a répondu qu'elle et moi avions mal compris !
C'est hallucinant. Je précise que amie (oui car c'est une collègue mais c'est surtout une amie) est au courant car les directrices l'avaient convoquée bien avant moi, plusieurs mois avant moi, plusieurs fois, pour savoir ce qu'il se passait avec directeur, pour prendre de mes nouvelles, car elles voyaient que la situation n'était pas normale, elles avaient même tiqué sur des choses que directeur avait dites au sujet de tous les travaux qu'il me donnait, et donc comme cette amie est aussi une personne de confiance pour moi et pour les directrices, elles lui avaient parlé (j'ai su tout ça très récemment). Donc tout ce que cette amie et moi avons "mal compris", ce sont des infos qui nous avaient été données séparément, à des moments différents... bizarre que nous ayons pourtant toutes les deux à la fois compris la même chose et mal compris, non ?
En conclusion je me sens trahie : elles m'ont conseillé de faire une pause pour préparer un retour dans un autre domaine, et j'ai suivi ce conseil qui me semblait excellent, et maintenant mon choix c'est abandonner ou retourner avec un bourreau après en avoir été débarrassée et en ayant aggravé les relations avec une guerre froide (que j'ai certes accepté de déclencher, mais parce qu'il n'était pas question de faire marche arrière). Evidemment que quand on m'a dit en avril que je pouvais arrêter de bosser avec un taré sur un sujet que je déteste et dans lequel je rame, pour bosser à la place avec quelqu'un d'autre dans le domaine qui m'intéresse, j'ai dit oui. J'ai même été immensément reconnaissante. J'étais encore pleine de reconnaissance il y a 6 ou 8 semaines.
Amie pense qu'elles sont coincées hiérarchiquement, que quelque chose s'est passé. Je le pense aussi, mais j'en sais rien, et j'en ai marre de trouver des excuses à des gens qui ont une situation confortable, elles sont directrices, ex directeur est émérite, moi ma carrière en devenir elle est foutue, alors même que tout le monde m'a toujours félicitée de mes travaux. (pour ceux qui poseraient la question, essayer de revenir par la suite, donc d'entrer à nouveau ici ou ailleurs, c'est repartir de 0, c'est refaire la démarche du départ comme quelqu'un qui n'est jamais entré, tout ça à cause de ces gens, comme si ces années consacrées à ça n'avaient jamais existé. C'est perdre le bénéfice de tous mes efforts, et c'est risquer un refus (et je pense en fait qu'ils savent déjà qu'ils ne me réaccepteront pas). Ce qui est moche c'est que désormais, j'ai cet échec dans mon CV qui va me fermer beaucoup de portes dans mon domaine). Amie pense que c'est peut-être lié à un truc qui vient de leur tomber dessus : nous étions 5 labos, et j'ai appris avec stupeur que l'un a été récemment dissous à cause de harcèlement sexuel (mais le harceleur est toujours là, dans le labo d'à côté, et toujours autant respecté). Je pense que ça explique peut-être qu'on s'empresse de me dégager avant que toute la section ne coule. Mais... même si c'est ça, ça n'excuse pas de me dire des horreurs pareilles (abandon ou retour en enfer), ni de laisser entendre que ça avait toujours été prévu comme ça. Elles auraient pu demander à me voir pour m'expliquer que c'était la m*rde et qu'elles étaient désolées. Là elles me cassent en me faisant passer pour une nouille. En se payant ma tête. En trahissant mon admiration, ma reconnaissance et ma confiance. Je n'utilise pas le terme de trahison à la légère. Ca résume vraiment ma blessure : je me sens
trahie. Je parle pas du côté légal ou quoi, non, humainement, je me sens trahie par des personnes qui avaient ma confiance depuis des années, que j'ai sorties de situations de merde quand je bossais pour elles et qui le savent. Plus j'y pense, plus j'ai de mots d'insultes qui me viennent en tête.
Je trouve aussi le dernier mail de la semaine dernière dégueulasse, il est "tout gentil" mais y'a une phrase qui me reste en travers de la gorge "super pour ton stage je suis contente pour toi puisque c'est ce que tu voulais faire, ça va t'ouvrir de nouvelles portes". J'ai pris ça comme un "ouf ça tombe bien, on se frotte les mains, bon vent Kennedy" comme si le fait que je me bouge était utilisé contre moi dans le sens où je depuis tout ce temps je serais déjà en train d'organiser mon abandon. Alors que mon stage était précisément pour sauver ma situation en revenant avec un projet finalisé pour démarrer à la rentrée 2017 dans mon autre domaine après l'année de pause qu'on me proposait (et qui maintenant est soumise à la condition hallucinante de reprendre les travaux de directeur avec directeur... sachant que directrice elle-même en avril m'a dit que dans cette situation, c'était impensable de poursuivre dans ce domaine qui n'était pas le mien et qui n'était pas celui pour lequel je devais travailler à la base, et que ça risquait de ruiner mes chances plus tard... donc je DEVAIS changer. Et maintenant je DOIS revenir en arrière. Elle m'avait même dit, en avril, que je n'avais pas à être désolée ou m'excuser, que EUX devaient s'excuser de m'avoir mise dans une telle situation... mais depuis quelques semaines, elle ne réagit à aucun des échanges de mails...).
Bref, désolée de m'être autant épanchée ici. J'ai vraiment besoin de dire ce que j'ai sur le coeur une bonne fois pour toutes. Mais chez moi c'est compliqué, les gens me poussent à "me battre", mais c'est fini ça. Je me suis battue justement, et voilà le résultat : j'aurais mille fois mieux fait de serrer les dents encore un peu et de la boucler. Je comprends qu'on soit pas d'accord et qu'on veuille que j'essaie d'obtenir justice. Mais moi ça fait 7 ans que je galère avec ces gens (si je compte depuis mes premiers stages avant mon contrat) et 3 ans que c'est devenu un enfer. Je veux plus me pourrir la tête avec ça. Je pars en stage, la motivation a du mal à revenir mais je veux en profiter cette fois, c'est un gros investissement et je veux que pour une fois je puisse me consacrer à 100% à ce que je compte faire et que directeur, pour qui je ne travaille plus, ne me pourrisse pas une fois de plus un projet (car je vais faire en sorte de retirer le maximum possible de ce stage, si c'est pas pour mes travaux, ça sera au moins pour mon CV, pour ma culture, pour me construire d'autres objectifs peut-être). Donc je ne compte pas me battre pour ça pendant mon stage. Ca serait sûrement en vain, et ça serait un comble que mon stage soit pourri par un taf qui n'est plus mon taf. Et ça va être la première fois depuis des années qu'un projet ne va pas être pourri par ce taf de crotte.
SVP ne me demandez pas de me battre, je comprends que c'est la première chose qui vient à l'esprit mais j'ai assez donné dans cette histoire, j'en peux plus. Donc j'obtiendrai pas justice en procédures et autres, mais qui sait, à mon retour ou plus tard je raconterai peut-être tout ça, car ces situations ne sont pas si rares, on commence à en entendre parler, et il y a d'autres façons de finir par révéler l'injustice.
Simplement, moi, même si j'ai énormément de mal à réaliser que "je" fais une "demande d'abandon", je veux tourner cette page pour de bon, pour pouvoir avancer et finalement "faire le deuil" de tout ça. Tant que je m'accroche, je me fais du mal et je ne peux pas aller de l'avant. C'est pour ça que maintenant j'espère qu'il n'y aura pas de rebondissement (sinon, vous me reverrez par ici

). Que directrice ne va pas avoir un sursaut de culpabilité tardif et proposer de faire un truc là maintenant. Car il faut que ça s'arrête, vraiment. J'en ai ras la soucoupe, je me casse en stage, je ne consacre plus aucune calorie (d'énergie) ni aucun neurone à toute cette histoire qui m'a déjà tant amochée et dont je travaille à me relever.

Et je vous remercie par avance de bien vouloir respecter ce choix.
