Vos questions indiscrètes aux auteurs
Bonsoir,
Très bonne nuit !
Cy
Mes personnages vivent dans les livres et dans la manière dont chaque lecteur raconte ensuite l'histoire. Quant à moi, j'ai une petite pensée pour eux, de temps en temps ; avec le temps passé ensemble, cela crée des liens !Kaoru a écrit :"Est ce que vous faites vivre encore vos personnages dans votre imagination après le roman? Ou est ce que vous les oubliez totalement?"
Très bonne nuit !
Cy
Des réponses...
Je crois que ces questions étaient posées à Spoutnik... J'en reprends quelques-unes !

Ce n'est pas une histoire que j'ai écrite mais une enquête... Il n'empêche qu'à une époque de ma vie, aux circonstances fort troubles, la plume m'est tombée des mains. Je ne pouvais plus écrire. Un des chapitres du livre m'a donné du fil à retordre parce qu'il résonnait trop fortement avec mes chagrins du moment. J'ai écrit quatre versions différentes du chapitre en question ! Autre chose : un sujet que je n'avais pas décidé d'évoquer m'a été inspiré par une rencontre (amicale) que j'ai faite sur un tchat...se peut-il qu'une histoire que vous écrivez soit profondément modifiée par des événements que vous vivez en cours d'écriture?
Pour moi, c'était très clair. J'avais fourni à l'éditeur un synopsis, et je m'y suis presque tenue. J'ai juste changé le dernier chapitre (j'avais initialement prévu d'évoquer un autre sujet... mais, c'est ainsi, le livre, à un moment, vous prend par la main, et vous mène à son gré. Il choisit sa propre fin, celle qui lui va, la plus cohérente, la plus évidente.procédez-vous en créant un canevas global de l'intrigue pour affiner ensuite ou commencez-vous sans trop savoir dans quel sens vous allez partir???
En ce qui me concerne, parce que j'étais en retard dans la restitution de mon manuscrit, quatre mois !Combien de temps s'écoule-t-il entre le moment ou l'on a fini d'écrire et celui ou le livre attéri sur le marché?
Pas à ce que je sache. L'enjeu est ailleursEst-on soumis a une obligation de rendement?
Re: Des réponses...
Bonjour,
Et à tous les lecteurs.
Bonne journée.
Cy
Le Topic s'adresse à tous les auteurs !naxos a écrit :Je crois que ces questions étaient posées à Spoutnik
Et à tous les lecteurs.
Bonne journée.
Cy
Quand j'écrivais c'était surtout le soir, posé dans mon lit, sur un cahier de brouillon (donc au stylo). sinon pendant les vacances scolaires ça m'est arrivé de ne faire que ça, et l'écriture prenait alors le pas sur la lecture (autre grande passionelymilly a écrit :Ce n'est pas vraiment une question indiscrète (dites moi si je dois effacer mon message) mais j'aime particulièrement savoir comment les auteurs écrivent : leurs conditions environnantes, si c'est à la main, à la machine, quel stylo, le style de papier, si c'est dans un bureau, une chambre, à quel moment de la journée, s'ils font auter chose entre 2 moments d'écriture où s'ils se concentrent uniquement à ce qu'ils font etc...
Maintenant j'écris beaucoup moins et c'est sur l'ordi, toujours dans ma chambre, et toujours le soir.
Poue le seul de mes romans qui ait été achevé, j'ai fonctionné avec des jalons, qu'il "m'a suffi" de relier, quitte à en modifier certains au passage. La seule inconnue concernait la fin, et la solution s'est imposée au fur et à mesure que l'histoire défilait sous mes yeux.procédez-vous en créant un canevas global de l'intrigue pour affiner ensuite ou commencez-vous sans trop savoir dans quel sens vous allez partir???
Je pense assez souvent à mes héros dans la mesure où ils représentent une personnalité que j'aimerais avoir. Donc il arrive que je les mette dans une situation que je vis et que j'imagine comment ils réagiraient (bon c'est pas très très souvent). Par contre je repense assez souvent à certains passages de mon roman (et les jugements que je leur porte varient selon l'humeur).Est ce que vous faites vivre encore vos personnages dans votre imagination après le roman? Ou est ce que vous les oubliez totalement?
Ca ne m'est pas arrivé. En revanche j'ai écrit les scènes de disputes ou de combats quand j'étais sur les nerfs et que j'avais besoin de relâcher la pression. L'écriture c'est parfait quand on a envie de tuer quelqu'un avec la cruauté la plus pure.se peut-il qu'une histoire que vous écrivez soit profondément modifiée par des événements que vous vivez en cours d'écriture?
2 à 5 pages par jour. D'accord, il s'agit d'une moyenne. Mais il y a bien des jours où les pages demeurent blanches, non ? Comment est-ce que vous réagissez lorsque le manque d'inspiration commence à s'éterniser ? Dans quelle mesure est-ce que cela vous affecte ?Spoutnik a écrit :J'écris en général entre 2 et 5 pages/jour pour une moyenne de 15 par semaine.
Autre question quand est-ce que vous écrivez le mieux ? Sous l'effet de la colère, de la souffrance, d'une joie immense ou autre ? En gros, quel est le détonateur pour écrire de belles pages, des pages de qualité selon vous ?
Je n'ai encore jamais été publiée, mes projets ne sont pas terminés mais j'y travaille régulièrement depuis un certain temps (j'espère donc pouvoir répondre à quelques questions du sujet…).
Du reste, je ne me suis jamais attaquée à une histoire plus longue, mais j'y pense beaucoup. Je fais beaucoup de recherches pour l'instant. Là, un plan précis sera impératif, cependant, il devra se construire au fur et à mesure je pense…
En revanche, pour une histoire qui s'attarde vraiment sur chaque personnage, là, oui, j'y pense constamment, et cela me permet de m'imprégner au mieux de leur caractère. Je me demande souvent comment ils auraient réagis dans telle ou telle situation, quels pourraient êtres leurs goûts littéraires, musicaux, etc. Je me demande aussi ce que je penserais d'une personne avec le même caractère d'un de mes personnages si je venais à la rencontrer…
Sauf exception, j'écris surtout le matin ou le soir, sans préférence particulière pour le lieu, pourvu qu'il y règne un silence parfait. J'ai tendance à écrire d'abord à la plume, sans m'attarder sur le style ni rien, si je m'interromps, j'aurais souvent du mal à me replonger… Ensuite, je tape mon texte à l'ordinateur en développant davantage mes idées.Ce n'est pas vraiment une question indiscrète (dites moi si je dois effacer mon message) mais j'aime particulièrement savoir comment les auteurs écrivent : leurs conditions environnantes, si c'est à la main, à la machine, quel stylo, le style de papier, si c'est dans un bureau, une chambre, à quel moment de la journée, s'ils font autre chose entre 2 moments d'écriture où s'ils se concentrent uniquement à ce qu'ils font etc...
Profondément, non, mais, même si j'essaie d'avoir un plan un minimum précis en tête, j'ai bien du mal à le suivre. Au fil de l'écriture, je peux m'apercevoir que je n'avais pas pensé à tel ou tel détail, ou partir à la dérive malgré moi. Et entre temps, de nouvelles découvertes, de nouvelles réflexions, peuvent venir enrichir mes idées. Un auteur s'exprime beaucoup à travers ses textes.se peut-il qu'une histoire que vous écrivez soit profondément modifiée par des événements que vous vivez en cours d'écriture?
Je me fais toujours un plan en fixant les grands évènements de l'histoire et j'essaye de me visualiser toutes les scènes. Si elle est courte, je ne l'écrirais pas sans avoir déjà envisagé le dénouement, afin de savoir où je vais. Tout ce que j'écris est ensuite calculé pour amener le lecteur à la fin, essayer de le surprendre et de l'induire en erreur.procédez-vous en créant un canevas global de l'intrigue pour affiner ensuite ou commencez-vous sans trop savoir dans quel sens vous allez partir???
Du reste, je ne me suis jamais attaquée à une histoire plus longue, mais j'y pense beaucoup. Je fais beaucoup de recherches pour l'instant. Là, un plan précis sera impératif, cependant, il devra se construire au fur et à mesure je pense…
Tout dépend des personnages. J'oublies vite ceux d'histoires courtes, car j'y privilégie l'histoire aux personnages qui ne sont que des figurants à la psychologie peu développée et qui se veut proche du lecteur en général. Là, il est surtout question de permettre une certaine identification au lecteur."Est ce que vous faites vivre encore vos personnages dans votre imagination après le roman? Ou est ce que vous les oubliez totalement?"
En revanche, pour une histoire qui s'attarde vraiment sur chaque personnage, là, oui, j'y pense constamment, et cela me permet de m'imprégner au mieux de leur caractère. Je me demande souvent comment ils auraient réagis dans telle ou telle situation, quels pourraient êtres leurs goûts littéraires, musicaux, etc. Je me demande aussi ce que je penserais d'une personne avec le même caractère d'un de mes personnages si je venais à la rencontrer…
Je n'insiste pas, et j'essaye de passer à autre chose, mais j'en tire toujours une certaine frustration, et je perds confiance en moi… Dans cette mesure, l'inspiration peut influer sur mon humeur. Lorsque j'arrive à écrire des pages et des pages sans m'épuiser, tout va bien. A l'inverse, quand je bloques, je finis vite par poser un regard très négatif sur tout ce que j'ai pu écrire avant…Comment est-ce que vous réagissez lorsque le manque d'inspiration commence à s'éterniser ? Dans quelle mesure est-ce que cela vous affecte ?
Je ne sais pas. Rien de tout ça je pense. J'écris le mieux lorsque j'arrive à "éprouver" l'atmosphère d'une histoire ou les sentiments d'un personnage, et cela se fait généralement en cours d'écriture, si j'y suis disposée… Du reste, c'est un sentiment assez étrange qui me pousse à écrire. Je ne pourrais le décrire. Un état soudain qui s'impose à moi, une impression de vide peut-être. Et là, je sens qu'il faut que j'écrive et que ça sera "bien"… (je ne suis pas sûre d'être claire pour le coup…)Autre question quand est-ce que vous écrivez le mieux ? Sous l'effet de la colère, de la souffrance, d'une joie immense ou autre ? En gros, quel est le détonateur pour écrire de belles pages, des pages de qualité selon vous ?
Bonsoir,
L'écriture, d'ailleurs, au moins à mon sens, ne se résume pas à écrire. Il y a tout un travail préparatoire et un travail de correction. Ces deux aspects me prennent plus de 50% de mon temps de travail sur un texte. Et dans ces temps-là, une fois encore, la technique permet de pallier les troubles de l'humeur et du voisinage.
Reste à définir ce que serait "écrire le mieux"… et ce que seraient de "belles pages" ou des "pages de qualité". Qu'est-ce qui fait la qualité d'un texte ? Je crois que ce débat-là n'a jamais été tranché et je serais bien incapable de le trancher.
Je peux juste vous dire quand je suis contente de mon travail : quand je ne m'ennuie pas à le relire. Et qu'est-ce que je fais quand je m'ennuie ? Je mets à la poubelle. Le reste de l'appréciation appartient au lecteur.
J'ai conscience que mon positionnement est bien loin de l'image de l'auteure torturée dont l'écriture obéit à un ordre sacré indéchiffrable. En trois séances d'atelier d'écriture aux UEEH à Marseille il y a quelques années, les participants ont écrit des textes que j'aurais pu signer. Ce n'est qu'un exemple. Et pour enfoncer le clou, je crois que plus l'auteur s'affranchit de l'idée de son génie littéraire, plus ce qu'il écrit est lisible et donne plaisir au lecteur. Cela n'empêche bien sûr pas certains de maintenir un discours qui entretient la mythologie ; cela fait partie d'un certain jeu.
Mais c'est sans doute un autre débat.
Et merci de votre question, j'adore casser les mythes !
Bonne fin de soirée
Cy
Ecrire est mon métier. J'appréhende donc l'écriture comme un travail d'artisan. A partir d'une technique fruit d'un apprentissage, je dois être en mesure de produire une certaine quantité de texte quelle que soit mon humeur, ma fatigue ou le degré d'humidité dans l'air. La question ne se pose donc pas de savoir si la page peut demeurer blanche et, à l'instar de tous les travailleurs, j'ai des jours avec (5 pages) et des jours sans (2 pages).Inna a écrit :2 à 5 pages par jour. D'accord, il s'agit d'une moyenne. Mais il y a bien des jours où les pages demeurent blanches, non ? Comment est-ce que vous réagissez lorsque le manque d'inspiration commence à s'éterniser ? Dans quelle mesure est-ce que cela vous affecte ?
L'écriture, d'ailleurs, au moins à mon sens, ne se résume pas à écrire. Il y a tout un travail préparatoire et un travail de correction. Ces deux aspects me prennent plus de 50% de mon temps de travail sur un texte. Et dans ces temps-là, une fois encore, la technique permet de pallier les troubles de l'humeur et du voisinage.
Vous aurez compris à ma réponse à votre première question que les sentiments que vous citez n'ont pas lieu d'influer mon écriture. Ces sentiments que bien sûr j'éprouve ont une incidence sur ma production, pas sur la manière de produire.Inna a écrit :Autre question quand est-ce que vous écrivez le mieux ? Sous l'effet de la colère, de la souffrance, d'une joie immense ou autre ? En gros, quel est le détonateur pour écrire de belles pages, des pages de qualité selon vous ?
Reste à définir ce que serait "écrire le mieux"… et ce que seraient de "belles pages" ou des "pages de qualité". Qu'est-ce qui fait la qualité d'un texte ? Je crois que ce débat-là n'a jamais été tranché et je serais bien incapable de le trancher.
Je peux juste vous dire quand je suis contente de mon travail : quand je ne m'ennuie pas à le relire. Et qu'est-ce que je fais quand je m'ennuie ? Je mets à la poubelle. Le reste de l'appréciation appartient au lecteur.
J'ai conscience que mon positionnement est bien loin de l'image de l'auteure torturée dont l'écriture obéit à un ordre sacré indéchiffrable. En trois séances d'atelier d'écriture aux UEEH à Marseille il y a quelques années, les participants ont écrit des textes que j'aurais pu signer. Ce n'est qu'un exemple. Et pour enfoncer le clou, je crois que plus l'auteur s'affranchit de l'idée de son génie littéraire, plus ce qu'il écrit est lisible et donne plaisir au lecteur. Cela n'empêche bien sûr pas certains de maintenir un discours qui entretient la mythologie ; cela fait partie d'un certain jeu.
Mais c'est sans doute un autre débat.
Et merci de votre question, j'adore casser les mythes !
Bonne fin de soirée
Cy
Dans la mesure où je ne vis pas de ma plume, ça ne m'affecte pas. Ecrire est un plaisir, pas une nécessité. Ca vient quand ça veut, ce n'est pas quelque chose que j'ai envie de forcer.Inna a écrit :Comment est-ce que vous réagissez lorsque le manque d'inspiration commence à s'éterniser ? Dans quelle mesure est-ce que cela vous affecte ?
Ca dépend. Je considère que les plus beaux textes sont les plus émouvants, donc dans ce cas c'est quand j'ai un coup de blues dû au célibat. Après selon les avis, ça peut donner des trucs très niais, chacun son jugement.Autre question quand est-ce que vous écrivez le mieux ? Sous l'effet de la colère, de la souffrance, d'une joie immense ou autre ? En gros, quel est le détonateur pour écrire de belles pages, des pages de qualité selon vous ?
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ExMembre L
Cela n'empêche bien sûr pas certains de maintenir un discours qui entretient la mythologie ; cela fait partie d'un certain jeu.
heu ... héhé... ailleuh, mon petit coeur de littéraire s'offusque un tout petit peu quand même, je pense que de bons écrivains torturés existent même si de pas torturés sont là aussi....aller aller, ne brisons pas si nettement le mythe des muses et de la possession divine de l'artiste... s'il a la peau dure ma foi c'est qu'il doit y avoir du vrai...
quand à savoir ce qu'est une bonne page d'écriture je pense qu'on peut sans trop se fouler le déterminer....quand même, sinon vous mettez tout à trac la fac de lettres à la benne et heu... non quand même! on y travaille on y travaille!