Écoutez cette histoire que l'on m'a racontéééééée
Du fond de ma mémoire, je vais vous la chanteeeeeeer,
Elle se passe en Provence, au milieu des moutoooooons
Dans le sud de la France au pays des santoooooons
Dans le sud de la France au pays des sant...Bref.
Cette histoire donc, que l'on m'a racontéééé (SHBAM), enfin que j'ai même vécue, d'ailleurs, ne vaut que lorsqu'on la connaît toute entière, car hors de son contexte elle est un peu insignifiante. Je vais donc emprunter une dernière fois le nébuleux chemin de ma mémoire, et vous confier le secret de l'empire, celui le mènera à sa grandeur, ou à sa chute.
Ça commence il y a de ça près de 3 ans (je vous raconte même pas comment ça va être long). Il y a trois ans, je suis au collège, je suis en troisième, je suis en pleine phase de surassumation, je me fais rejeter autant qu'accepter en disant que je suis lesbienne. Une de mes connaissances tente de me maquer avec une de ses amies, en seconde au lycée que je brigue. Appelons-la Philomène afin de préserver son anonymat. Avec Philomène, on communique par MSN (wouhouu ça rime), et puis on s'aime bien. Bon, moi je n'ai jamais bu une bière de ma vie et elle se murge copieusement la gueule tous les vendredis samedis dimanches et jours fériés, je n'ai jamais eu de copine et elle s'envoie en l'air dans les backrooms de bars gays glauques, en gros elle est un peu plus 'mature' que moi, mais c'est pas grave, je l'aime beaucoup. On finit je ne sais pas trop comment par sortir ensemble. Et ça se borne à des bisoux devant un film pourrave à l'UGC et quelques câlins dans son salon avec un Disney en fond sonore. Bon, vu qu'en deux mois on s'est vues deux fois, très mignonnes mais très peu nombreuses quand même, elle reprend ses bonnes vieilles habitudes et se tape une nana, quelconque, ignorons-la, elle ne sert à rien dans l'histoire. Honnête, elle me le dit. Blessée dans ma fierté, je la quitte. (ou c'est elle qui me quitte, enfin bref c'est fini quoi). Fin de ma première expérience lesbienne. Je fais la gueule deux semaines parce que bon, quand même, mais comme je l'aime bien, on reparle après. FIN DU PREMIER ACTE (je vous avais prévenus, c'est long).
Le deuxième acte commence le jour de ma rentrée de seconde. Evidemment, à force de faire la faya tout le temps, elle a redoublé avec 3 de moyenne, et je me retrouve dans sa classe. Drôle. En même temps, je ne connais qu'elle puisque ce n'est pas mon lycée de secteur, alors on redevient amies. L'année de seconde passe. Ma surassumation empire (oui, je suis dans un lycée où en moyenne 4 couples de lesbiennes se roulent des pelles fougueuses devant le lycée à chaque récré, forcément ça n'aide pas à se calmer). Bon, je me calme quand même quand je commence, vers la fin de l'année à sortir avec une charmante demoiselle un poil plus vieille que moi (j'ai 14 ans, elle en a 18, rien que de très normal). Premier amour, première fois gnagnagna etc. Belle idylle durant les premiers mois, qui se transforme au fur et à mesure que je me rends compte qu'elle est en quelque sorte complètement cinglée. Oui, parce qu'elle fait des crises durant lesquelles elle m'insulte en me disant que je suis immature et que de toutes façons elle ne serait même pas triste si je mourais. Parce qu'elle passe son temps à me tester, à me dire qu'elle drague des mecs sur internet juste pour voir ma réaction. Parce qu'elle me rabaisse incidemment, parce que je suis toujours trop jeune, trop immature pour comprendre ce qu'elle, elle vit. Plus elle me fait de coups comme ça, et plus je fonce dans ses bras, plus je me renferme dans cette passion dévorante, plus je deviens dépendante de cette nana.
Mais j'ai quand même une vie à côté, une vie durant laquelle je fais la fête. Mon année de première commence, avec elle les nombreuses soirées inhérentes à la joie de se retrouver après les grandes vacances. Durant une de ces soirées, Philomène me saute dessus pour m'embrasser. Bon, je suis en couple, et elle aussi. Mais j'aurais continué (après tout c'est la fête, hein?) si une de mes amies adepte de la raison ne m'avait tancée vertement pour avoir failli tromper Claire et gnagnagna. La soirée suit son cours. L'année aussi. Mais le mal est fait. Déjà l'air est électrique quand Philomène et moi sommes toutes les deux, déjà elle commence à m'attirer. Alors je fuis. Je m'éloigne, je m'en vais, je ne la vois plus, ou presque, puisqu'on est encore dans la même classe. Je perds une amie en faveur d'une relation qui devient de plus en plus perverse.
7 février, ma copine, dans une crise de nerfs qui dépasse les autres, me largue par texto au bout de neuf mois et demi (ouch). Pour une fois, je ne reviens pas et je ne pardonne pas. Je la vire de ma vie. Très dur à vivre au début, et puis ça passe. Avec le temps, hein...Va, tout s'en va. (on arrive au passage intéressant et actuel de mon histoire, si vous avez tenu jusque là, bravo, c'est bientôt fini vous en faites pas). Les mois passent, et puis vient le jour où à une soirée bien arrosée, je me retrouve brusquement en train de chauffer Philomène sur un fauteuil sans que je ne puisse m'expliquer pourquoi. Fort malheureusement, Dame Nature avait décidé d'avoir comme toujours un mauvais timing, et on n'a donc pas pu aller plus loin. Ce n'était que partie remise, puisque une de nos potes, ayant la farouche intention de nous caser, nous a invitées, nous a fait boire, et, bon, l'envie ne manquait pas, alors ça a fini au pieu. Farouche déconvenue quand j'ai découvert que d'une mon ex était un coup franchement foireux, et que beh en fait, Philomène me fait beaucoup beaucoup plus d'effet que mon ex pendant les derniers temps de notre relation.
Et puis voilà, c'était juste un coup comme ça, un fuckfriend bien dans les règles, le dernier câlin terminé, on est redevenues les bonnes potes qu'on est à la ville. Le temps a passé (ne restent que les penséééééées et dans tes maiiins ils ne reste plus rieeeeeen), le bac est passé, et qui dit fin du bac de première, dit grosse murge. Grosse murge à l'hôtel de ville donc, et juste après avoir gerbé mes tripes par terre, aux alentours de 2h du mat', je l'ai regardée, et j'ai réalisé que si j'avais envie de tuer chaque personne qui osait poser sa main sur elle, si j'avais envie de lui sauter dessus dès que je la voyais, si je souriais quand je pensais à elle, c'était peut-être pas uniquement parce que j'étais heureuse d'avoir une super amie comme elle.
Beh nan. Comme une conne j'en suis tombée amoureuse. Et comme pour faire écho à cette prise de conscience avinée, j'ai appris qu'un de mes meilleurs potes avait couché avec elle (en même temps, il lui suffit de boire trois gouttes pour se faire sauter par la terre entière, alors bon...). Le lendemain, concert électro, mon DJ préféré. Déjà bien éméchée, j'ai fini la soirée en cumulant tous les trucs pas bien que je connaisse pour oublier le fait que je venais de réaliser que comme d'habitude j'allais foutre en l'air une belle amitié à cause de sentiments à la con (de merde). Alors j'ai bu comme jamais, j'ai fumé plus que raison, j'ai fini dans les bras d'un de mes potes. Ah bah tiens, celui qui avait couché avec elle, d'ailleurs, ironie du sort.
Voici donc l'état des lieux, une semaine après. J'étais déjà en état de déprime avancé des suites de ma rupture compliquée (oui, parce qu'en plus de me larguer pour tester mon amour, elle m'a harcelée trois mois ensuite pour que je revienne avec...brave bête...), et parce que je suis déprimée de nature, voilà que je rajoute ÇA. La chose à éviter. Et je me sens très très mal.
Très très mal.
Mais vraiment très très très très TRÈS, hein.
Comme dirait l'autre : Vie De Merde.
(Toi ! Oui, toi qui a fini mes confessions pathétiques, qui t'es accroché pendant une bonne demi heure à lire ce que mon état de désespoir adolescent avancé avait produit. Félicitations. Personnellement, j'aurais pas lu aussi loin