Oh les belles remontées de souvenirs !
L’hôpital français, qu’il soit privé ou public (avec le plan hôpital 2012, c’est toute l’organisation du système de soins qui est revu, « grâce » aux Schémas Régionaux d’Organisations Sanitaires, aussi bien pour les cliniques que les hostos public, et à l’implantation progressive des Systèmes d’Informations Hospitaliers) subit depuis les années 2000 des profondes modifications … douloureuses.
La logique de pôle … un modèle d’organisation qui passe difficilement et explique nombre de dysfonctionnements ^^
La nouvelle structuration hospitalière imposée par le « Plan hôpital 2007 » a totalement bouleversée les logiques organisationnelles et interactionnelles au sein de l’hôpital public français.
D’une part, la logique polaire s’organise autour de la
mutualisation des ressources humaines et matérielles dans un souci d’adaptation aux nouvelles exigences de soins. Cependant, contractualisation et mutualisation reflètent également une
exigence de rentabilité financière. Ainsi, l’hôpital doit à la fois articuler logique médicale et logique administrative qui semblaient inconciliables auparavant. (
et qui semble toujours l'être ... ) Par la T2A (tarification à l’activité), les pôles et les services doivent répondre à des critères de rentabilité pour l’établissement hospitalier en dégageant des bénéfices. Par conséquent, l’hôpital adopte progressivement un mode de fonctionnement entrepreuneurial.
Il ne se contente plus de soigner mais il doit dégager des surplus financiers. Idéologiquement l
e statut du malade change : il bascule de la « patientèle » à la « clientèle ».
Les risques attendus et déjà observés de la « tarification à l’activité » :
- risque de sélection des patients, (les vieux, quand ils ne sont pas à la CMU et qu'ils ont des pathologies lourdes, c'est super rentables)
- risque inflationniste
- risque de dégradation de la qualité des soins (taux de rotation des lits, au hasard ...)
- effet ambivalent sur l'innovation et sur la prévention
D’autre part, cette réforme a également modifié la hiérarchie des pouvoirs au sein des établissements hospitaliers. Le corps médical est « le grand perdant » de l’organisation polaire.
C’est au sein du corps médical que la culture polaire a plus de mal à passer. Le travail autour du service médical est encore très prégnant dans les organisations.
Certains pôles sont encore victimes de la guerre des chefs de services (la balkanisation horizontales des hostos, ou l'existence de "baronnies" menées par des chefs se services cherchant à s'autonomiser et garder leurs indépendances faces aux autres services) et ont des difficultés à progresser. Il semble par ailleurs difficile que les médecins s’impliquent dans certains pôles. En définitive, beaucoup de praticiens ont des difficultés pour trouver leur place dans l’organisation et le pôle n’a pas réellement changé leur manière de travailler ou leur vie professionnelle au quotidien. Il y a donc une résistance au changement ici, dans la mesure où les médecins ne se sont pas appropriés les nouvelles règles du jeu.
Malgré une relative autonomie dans la dispension de soins aux patients, il doit désormais rendre des comptes à sa hiérarchie et sa pratique professionnelle tend à être orientée par les logiques financières imposées par la tarification à l’activité. Le pouvoir médical n’est plus indépendant et prépondérant. Il doit composer avec un pouvoir administratif qui a « pris en main la direction » de l’hôpital. Mais cette redéfinition du pouvoir ne s’est pas faite sans résistance :
d’une part, il est difficile pour la direction de déléguer ses compétences, d’autre part les médecins, et en particulier les chefs de service, se fustigent de l’affaiblissement de leur statut. Ce sont justement ces derniers qui ont le plus de difficultés à s’impliquer dans la nouvelle organisation polaire dans la mesure où ils ne se sont pas « approprier les nouvelles règles du jeu ».
Ce manque d’implication du corps médical témoigne d’une carence dans la réflexion de l’organisation polaire : celle-ci a été organisée autour du patient. Il est, certes logique, que l’hôpital s’optimise pour ses usagers, mais ces derniers sont pris en charge par un personnel hospitalier travaillant dans un environnement dans lequel beaucoup ne se retrouvent pas. L’idée serait d’instaurer un équilibre qui concilie les besoins des patients et ceux des salariés.
Et le monde infirmier, on en parle même pas! Eux, ils sont victimes des tensions entre les logiques administratives (financières ...) et médicales.
Le cadre de santé (infirmier chef) est proche hiérarchiquement de la direction administrative. Il peut vite devenir schyzo, partagé entre les directives stratégiques de sa hiérarchie et les réalités du terrain et du personnel avec lequel il évolue... Yuppeeeyuu.
Ah! l'hôpital. Cette grosse Entreprise.
Le plan hôpital 2007, c'était la modification des mentalités, des pratiques hospitalières.
Le plan hôpital 2012 c'est des milliards et des milliards d'euros (10 milliards sur 5 ans exactement) pour la mise en place des SIH, pour le rénovation des bâtiments, l'optimisation du matériels médical entre établissement ... etc etc
par ici pour plus de chiffres et de détails
A mon sens, le foirage est complet. Les mentalités n'ont pas évoluées, les praticiens n'ont pas été associés à la Reforme. Injecter autant d'argent sur des bases aussi peu solides, c'est du suicide.