"Plus tard, au collège, il m'arrivera de trouver déserte une salle de classe surpeuplée de camarades anonymes, et je la sentirai se remplir d'une intense présence à la seule entrée du préfet d'études. Ce n'est pas le nombre des vivants, c'est leur autorité qui meuble une maison. [...] Cette voix criarde qui assassinait les échos pour appeler "les enfants", comme s'il s'agissait de démontrer que ces vauriens avaient franchi le périmètre légal, cette voix qui affirmait à tout propos, alors que nous n'avions pas la moindre intention de la contredire : "c'est vrai, puisque je te le dis", cette voix qui couvrait toutes les autres, même quand elle se réduisait à un murmure, cette voix... sa voix... la de ******** nous manquait [si je mets le nom, vous allez trouver tout de suite ]. Certes, nous étions satisfaits. Heureux, non. On ne construit pas un bonheur sur les ruines d'une longue misère. Notre joie n'avait pas de boussole. Nous étions désorientés. J'imagine assez le désarroi des adorateurs de Moloch ou de Kali, soudain privés de leurs vilains dieux. Nous n'avions rien à mettre à la place du nôtre. La haine, beaucoup plus encore que l'amour, ça occupe."
Et effectivement, je n'ai jamais lu Maurice Druon^^
Non, mais ses parents sont des personnages essentiels du roman dont sont tirés les extraits, largement autobiographique. 'fin, surtout un des deux parents. Ca a été adapté deux fois adapté au cinéma, la dernière en 2004 ou 2005.
Une tribade, me dit-elle, est une jeune pucelle qui n'ayant eu aucun commerce avec l'homme, et convaincue de l'excellence de son sexe, trouve dans lui la vraie volupté, la volupté pure, s'y voue toute entière et renonce à l'autre sexe aussi perfide que séduisant. C'est encore une femme de tout âge qui pour la propagation du genre humain ayant rempli le voeu de la nature et de l'état, revient de son erreur, déteste, abjure des plaisirs grossiers et se livre à former des élèves à la déesse.
Au reste, il n'est pas admis qui veut dans notre société. Il y a, comme dans toutes, des épreuves pour les postulantes.