Je viens un peu expliquer quelques uns de mes sentiments autour du Coming Out.
Je lis beaucoup que les personnes qui ont fait leur CO sont soulagées, et vivent bien mieux aujourd'hui.
Il y a aussi ceux pour qui ça se passe très mal et c'est même destructeur. C'est selon les familles, selon les cas, selon son choix de vie, selon sa sensibilité. C'est quand même un peu comme marcher sur des oeufs (surtout si l'on est pour le peu altruiste et soucieux du jugement des autres à notre égard - et combien nombre d'entre vous doivent se sentir concerné(e)s !) Donc décision à prendre avec modération.
Cette introduction pour en venir à mon cas, moi qui n'ai fait ni coming out (pourtant parfois, on m'a lancée de ces boutades, maman...) aucune expérience homosexuelle non plus, pourtant convaincue que je suis totalement bi depuis petite. Cela a été bien refoulé pour qu'on ne le sache jamais, c'est ma vie privée, mon sanctuaire "inviolable". Je ne souffre pas trop de cela car j'ai pu m'accrocher à des hommes au cours de ma vie : j'ai même un enfant aujourd'hui.
J'ai autrefois tchatté avec des filles, dans le plus grand respect, je me suis attachée 2 fois, et j'ai vécu 2 déconvenues cruelles, qui ne m'ont pas donnée envie de continuer dans cette voie. J'ai des désirs comme tout le monde, bien sûr, mais c'est vraiment mon coeur qui parle. Je tiens à revendiquer cela, très fort, car souvent j'ai été dégoûtée par le côté "agressif" de certaines lesbiennes (agressif sexuellement je veux dire.)
Revenons au coming out. J'ai bientôt 40 ans et je ne l'ai pas fait. Ai-je tort ? Je ne m'en sens pas capable. J'ai fait ma crise déjà et je me sens bien dans mes baskets. Sinon ce néant affectif lol....
Je tiens surtout à préserver ma maman (et pourtant la plus cool et tolérante des mères) j'ai peur de me décevoir à travers son étonnement, aussi positif ou neutre serait-il. Aussi mes proches, mes amis. Comme vous tous. C'est comme si ça me tuerait.
Je ne me vois pas vivre en plein jour un amour avec une femme, même si parfois je rêve quand je vois des couples homo en ménage, c'est touchant, adorable... C'est déchirant comme mélancolie, mais à la fois, je fais comme quand j'ai une rupture sentimentale : je fourre tout dans un coin de ma tête en essayant de ne plus y revenir. Ca marche depuis 39 ans ! Je me dis que j'ai le droit "de ne pas faire de coming out", après tout. Rien ne m'y oblige. Juste que je serai probablement jamais heureuse à 100%, un fait que j'ai accepté.
Ce qui me retient le plus, c'est ma gosse (qui elle aussi me semble-t-il a l'air de connaître ces confusions, on en parle parfois, j'essaie de lui montrer qu'elle n'a rien à craindre, je ne la rejeterai pas etc.......) Elle a 16 ans donc comprend, réalise tout un tas de choses. Je ne veux pas la choquer, changer ainsi, retourner complètement de veste, je m'évertue à rechercher un mec bien, à la place. Et c'est pas chose facile par les temps qui courent.
Cette barrière fait que je ne peux pas devenir trop proche d'une fille (surtout une fille gay !!) sinon ce serait l'impasse à la moindre naissance de sentiment amoureux ! Pourtant, tant de fois, avoir une amie fille (une vraie, celle à qui on raconte n'importe quoi et qu'on rigole avec et tout....) ça me réchaufferait le coeur. Mais les filles hétéros que je côtoie, ben ça vole pas haut quoi, pas d'échanges intellectuels..... ce que j'aime en les filles homo, c'est leur clairvoyance, vivacité et ouverture d'esprit ! Je suis pas fan des discussions de "sortie de chez le coiffeur" lol....
Pour terminer, je me dis parfois que je me permettrai cette "autre vie" quand ma mère ne sera plus de ce monde (ce que je ne souhaite pas maintenant !!!), et quand ma fille aura sa propre vie/indépendance, quand je vivrai loin dans un trou paumé au milieu des lamas (lol) Mais je peux très bien trouver un homme et être heureuse aussi.....
J'aimerais savoir si quelqu'un ici se trouve dans cette situation, ou comprend mes réticences.
Merci de m'avoir lue, et je souhaite du bonheur à tous et toutes
Caro