Salut à tou-te-s et merci pour vos réponses !
Donc je viens amener quelques éléments nouveaux à cette histoire.
Déjà pour revenir sur plusieurs commentaires, je voulais dire que par rapport aux différentes « stratégies », celle que j'adopte depuis maintenant assez longtemps que ce soit avec la famille, les amis, les collègues, etc... c'est celle de dire « non, je ne suis avec personne » sans préciser si je parle d'un homme, d'une femme, d'un chien ou d'une poupée gonflable (lol). Je trouve que c'est celle qui est le mieux adapté pour ma situation puisqu'elle permet de « ne pas trop mentir ». Pour celle qui est de faire des commentaires sur le derrière de la fille la plus sexy du quartier, ça fait longtemps que je l'ai laissé tombé. Même si il m'arrive de dire « oui cette fille elle est bien » (c'est pas parce qu'on est homo qu'on ne reconnaît pas une fille belle ou sexy) j'évite de jouer le gros hétéro de base qui salive dès qu'elle passe.
Ensuite pour vos réponses par rapport à :
Le coming-out vaut-il finalement toujours le coup d'être fait ? Je veux dire, parfois pour garder une amitié, une bonne relation, ne vaut-il mieux pas laisser croire aux gens ce qu'ils préfèrent entendre et garder certains secrets ?
En effet, je suis d'accord avec la majorité d'entre vous qui dit que oui, aux vrais amis il faut le dire. C'est bien sûr l'idéal que l'on souhaite tous. Moi même je voudrais pouvoir le faire à tous. Mais on ne peut pas ignorer que l'homosexualité est rempli de clichés dans notre société et que suivant le milieu d'où l'on vient et les personnes que l'on fréquente, la tâche est d'autant plus rude. Comme l'a dit Backi s'est aussi une force de caractère que de s'assumer tel que l'on est vraiment. Mais toujours suivant le milieu d'où l'on vient, faire un coming-out ne nous met pas seulement nous en cause. Il y a aussi la famille, les petits frères ou sœurs, qui bien souvent vont devoir aussi « subir » ce coming-out ( « ton grand frère c'est un pd » ou « regarde-là elle, son fils c'est un homo »...).
Quant à le dire seulement à un petit cercle d'amis, même très proche, comme l'a dit perrinette, je pense que malgré tout cela marque à un moment ou à un autre une certaine distance. Je pense par exemple à ces soirées entre potes, où la discussion en vient au sexe, au filles, etc... Je pense que même si il n'y aura pas de remarques, on pourra sentir une certaine gêne, une petite mise à l'écart (à tort ou à raison).
Mais ça c'est juste ma vision de la chose, peut-être pessimiste, et je ne peux pas l'affirmer puisque « non-outé ».
Sinon, pour revenir sur ce coming-out « textuel » envers mon ami.
Vendredi, le jour où on devait se voir pour sortir, là où il n'avait pas répondu à mes 2 textos, il m'a envoyé un texto le soir pour me dire
« Slt. Désolé j'avé pas vu ton msg. Je n'été pas là ». Bon je ne crois pas du tout au truc du « je n'avais pas vu ton message », mais je me suis dit que c'était déjà une bonne chose qu'il me contacte pour s'excuser.
Alors hier soir (samedi) j'ai décidé de l'appeler, pour discuter de tout ça avec lui. Et ça s'est très bien passé !

Je lui ai dit que depuis ce soir où je lui avait dit, je me sentais mal parce-que j'avais l'impression qu'il cherchait à m'éviter, que j'étais déçu de voir comment les choses avait tourné, et que quelque part je regrettais de lui en avoir parlé, mais que si je l'ai fait c'est parce-que je tenais à être franc avec lui. Sa réponse a été très encourageante, car il m'a répondu qu'il appréciait le fait que j'ai été franc avec lui, même si il m'a avoué que sur le moment, quand je lui ai annoncé ça, ça l'avait un peu « choqué », car il n'avait jamais imaginé ça pour moi. Mais j'ai senti dans sa voix qu'il parlait franchement envers moi, et qu'il été sincère. Il m'a dit aussi que de toute façon il oubliait pas que quand il été en galère et qu'il passait une mauvaise passe je l'avais toujours soutenu et que j'avais toujours été à ses côtés, et donc que ça ne changé rien. Il a rajouté « Comme tu as dit sur ton texto, ça ne doit rien changé entre nous ». Donc que des choses rassurantes que j'espérais vraiment l'entendre dire !!
Et sur ce, il m'a dit qu'il passerait me voir lundi (donc demain). Puis ce qui m'a fait plaisir aussi, c'est qu'on a pas parlé que de « ça », on s'est raconté un peu nos journées depuis qu'on s'est pas vu, pris des nouvelles des gens qu'on connait en commun, etc... On est resté plus de trois quarts d'heure au téléphone
(vive le forfait illimité ! )
Et avant de raccrocher il s'est même permis une petite blague « Et comment tu vas faire maintenant avec Laura (une fille sexy qui me coure après depuis des mois et que bien entendu j'ai toujours repoussé...) ». Je lui ai répondu que je lui laissais avec grand plaisir.
Donc je suis beaucoup plus soulagé depuis cette conversation. J'ai tourné en rond pendant un quart d'heure avant d'oser l'appeler, et finalement je ne regrette pas.
J'ai hâte maintenant de le revoir demain pour pouvoir en discuter en face à face, même si bien sûr, ça me fais quand même un peu peur. Mais je veux surtout lui expliquer et lui faire comprendre que ce n'est PAS un choix ( c.f son texto : « t'as choisi », réponse typique des personnes ignorantes de l'homosexualité comme vous avez bien pu le remarquer).
Et aussi comme nouuu l'a fait remarquer à juste titre, avoir choisi de le dire à mon ami en me comparant à une connaissance commune ( c.f « Eric » dans mon texto) c'était une mauvaise idée, car cette personne, qui a affiché son homosexualité, s'est aussi fait remarqué par l'entourage par « ses soirée entre 5 mec et plus, à boire et à baiser ». Ce qui renvoie une image assez « sale » et pas très glorieuse de l'homosexualité, et dans laquelle en plus, moi même je ne me reconnaît pas. Mais ça je lui en ai parlé direct l'autre fois au téléphone pour lui dire que je ne voulait pas qu'il m'associe ni me compare à cette image.
Bon, si finalement ça à l'air en faite assez positif pour l'instant, je ne sais pas si malgré tout ça sera pareil qu'avant. Ça je ne peux pas le deviner, seul l'Avenir le dira.
En tout cas, cette histoire ça me fais comprendre une chose : Un C.O ne vaut rien si il n'y a pas derrière une discussion avec la personne. Ça ne sert à rien de dire « je suis gay », si ensuite on disparaît ou évite le sujet. Derrière le fait de le dire, il y a aussi tout un « accompagnement » de la personne à qui on a choisi de l'avouer, et des explications à fournir
(sont fragiles ces hétéros finalement !)
Merci encore à tou-te-s pour vos messages et votre soutien !
